
A trop vouloir suivre la tendance, on peut perdre son identité. C’est tout l’enjeu d’une marque de luxe dont la vocation est de créer un univers totalement exclusif. Seulement Louis Vuitton n’a pas manqué d’audace et d’innovation en matière de stratégie marketing. De façon étonnante, la griffe s’est lancée dans les réseaux sociaux en réinterprétant son univers raffiné et passionnant et en réaffirmant encore une fois ses charges aspirationnelles de l’art contemporain.
En juillet 2009 déjà, Louis Vuitton créait une page officielle sur Facebook destinée à devenir l'espace en ligne de la marque. Fans de la page Facebook de la griffe :The art of Travel by Louis Vuitton, ils ont été invités à découvrir les créations de Marc Jacobs à Paris. Mercredi 7 octobre, la marque de luxe retransmettait sa collection de prêt-à-porter femme printemps-été 2010 en direct sur Facebook. Les fans ont pu commenter l'événement en temps réel via leur statut. Pour les fashionistas, c’était leur jour de gloire en s’identifiant à Anna Wintour la rédactrice en chef de l'édition américaine de Vogue. Cet événement a attiré plus de 600000 fans en deux mois, rien n’aurait été possible sans l’audace créative de ses marketeurs pionniers et visionnaires.
Un excellent coup de projecteur pour la marque surtout que cette dernière a vite compris que le simple fait d’être présent sur les réseaux sociaux Facebook ou Twitter est presque sans intérêt, le véritable enjeu est de pouvoir créer aux internautes des expériences uniques et riches en émotions. Le web 2.0 s’affirme une fois de plus comme un canal indispensable dans le luxe, il est un peu « the place to be » dans un milieu qui se renouvelle constamment et là ou les internautes sont avides de nouvelles expériences encore plus inédites. Ces plate-formes sont en fait de nouveaux moyens de communiquer, d’interagir, de converser et de partager des expériences, des opinions et points de vue. Elles donnent surtout le moyen aux internautes de s’exprimer vis-à-vis d’une communauté de marque et de les influencer.Ceci dit, ces nouveaux réseaux sociaux posent de nouveaux défis aux marques de luxe dans la manière de s’exprimer online.
Seulement voilà en fédérant autant de membres de communauté Facebook et autres "mass market social communities" autour d'une griffe, ne serait donc pas contraire à l'identité même d'une marque de luxe qui prône souvent l'exclusivité? Une question que je me pose sans cesse est que les médias sociaux seront-ils la voie de la démocratisation du luxe ou au contraire auront- ils un impact négatif sur le capital marque en diminuant ses codes de valeurs ?